En lisant cette lettre sur internet, j'ai pensé que la partager fera du bien à ceux qui ont envie de s'évader du monde de brutes dans lequel nous vivons. Moi elle m'a fait rire !

printemps-du-rire[1]

Cher fils,

Je t'écris ces quelques lignes pour que tu saches que je t'écris.

Alors, si tu reçois cette lettre, c'est qu'elle est bien arrivée. Si tu ne la reçois pas, tu me préviens pour que je te la renvoie. Je t'écris lentement parce que je sais que tu ne lis pas vite.

L'autre jour, ton père a lu que, selon les enquêtes, la plupart des accidents arrivent à 1 km de la maison ; ainsi, nous nous sommes décidés à déménager plus loin. La maison est superbe ; elle a une machine à laver, mais je ne suis pas sûre qu'elle fonctionne . Hier j'ai mis le linge dedans, j'ai tiré la chasse et je n'ai plus vu le linge depuis, mais bon !!!!

Le temps ici n'est pas trop mauvais. La semaine dernière, il a plus seulement deux fois. La première fois, la pluie a duré 3 jours, la deuxième fois elle a duré 4 jours.

A propos de la veste que tu voulais, ton oncle Pierre m'a dit que si nous te l'envoyions avec les boutons, comme ils sont lourds, ça coûtera plus cher ; alors nous avons enlevé les boutons et les avons mis dans la poche !!!!

Nous avons enfin enterré ton grand-père. Nous avons trouvé son corps lors du déménagement. Il était dans l'armoire depuis le jour où il a gagné en jouant à cache cache !!!

printemps-du-rire[1]

Je te raconte : l'autre jour, il y a eu une explosion de gaz dans la cuisine. Ton père et moi somme sortis, propulsés dans l'air au dehors de la maison. Quelle émotion ! C'est la première fois que ton père et moi sortons ensemble depuis des années.

Le médecin est venu à la maison pour voir si nous étions bien et il m'a mis un tube en verre dans la bouche. Il m'a dit de la fermer pendant 10 minutes. Ton père lui a proposé de racheter le tube !

Et puisqu'on parle de ton père, je t'annonce qu'il a du travail. Il en est fier. Il travaille au-dessus d'à peu près 500 personnes. Ils l'ont pris pour couper le gazon dans le cimetière.

Ta soeur Julie, celle qui s'est mariée avec son mari, elle attend enfin un heureux évènement, mais on ne sait pas encore le sexe, je ne saurai donc pas te dire si tu es oncle ou tante. Si c'est une fille, ta soeur va l'appeler comme moi. Ce sera étrange d'appeler sa fille "maman" !

Ton père a demandé à ta soeur Lucie si elle était enceinte. Elle lui a dit que Oui, de 5 mois déjà ; mais là, ton père a demandé si elle était sûre qu'il était d'elle. Lucie a dit que Oui. Quelle fille solide, quelle fierté, tel père, telle fille !

printemps-du-rire[1]

Ton cousin Paul s'est marié et il prie tous les jours devant sa femme parce qu'elle est vierge !

Par contre, on n'a plus revu l'oncle Isidore, celui qui est mort l'année dernière.

Ton chien Pouky nous inquiète. Il continue à poursuivre les voitures à l'arrêt. Mais ton frère Jeannot est pire. Il a fermé la voiture et il a laissé les clefs à l'intérieur. Il a du retourner chez lui chercher le double pour pouvoir nous sortir de là.

Bon, mon fils, je ne t'écris pas l'adresse sur la lettre. Je ne la connais pas. En fait, la dernière famille qui a habité ici est partie avec les numéros pour les remettre dans leur nouveau domicile.

Si tu vois Marguerite, passe lui le bonjour. Si tu ne la vois pas, ne lui dis rien !

Ta mère qui t'adore.

Antoinette

bonsemaine